Retranscription

L’idée importante et intéressante, en tout cas pour moi, derrière la smart city est de considérer que les différents cilos des acteurs publics et privés (gaz, électricité, transport, déchets, école etc) ont intérêt à commencer petit à petit à communiquer, à partager des informations.

Mais il y a, dans les modèles d’aujourd’hui quand même il faut bien le dire, sur le marché qui fonctionne mieux dans les conférences que dans la réalité, deux vraies limitations.

La première c’est que ce croisement généralisé, s’il se fait juste au service de tous ces grands acteurs, il est terrifiant. C’est-à-dire d’un coup on peut avoir, à propos des gens, un niveau de connaissance de leurs pratiques quotidiennes un par un qui est juste le contraire de ce pourquoi beaucoup des gens se battent depuis des décennies pas seulement sur les lois informatiques et liberté dont il faut se rappeler qu’elle a bientôt 40 ans.

Le deuxième point, c’est que cette ville intelligente dans les scénarios d’aujourd’hui, elle est incroyablement descendante. Il y a des grands fournisseurs de services et des acteurs politiques qui, voulant bien sûr le bien des citoyens, vont inventer pleins de services et traiter de la connaissance pour faire aussi des infrastructures etc pour leur bien.

J’entends beaucoup dans la ville intelligente l’idée de centrage sur le citoyen, l’usager etc et c’est très bien. Mais c’est un citoyen-usager qui est un consommateur, c’est-à-dire c’est un centrage de fournisseurs de services qui veulent essayer de bien servir leurs clients. Et il n’y a rien de mal à ça.

Mais la ville n’est pas que ça. Et ce qui fait qu’on est dans une bonne ville, c’est certes qu’on est bien servi mais c’est surtout qu’on y vit quelque chose, qu’on s’en sent citoyen, auteur, créateur, qu’on est en relation avec les autres. Si la ville intelligente se pense uniquement autour des services, c’est pas seulement que c’est inquiétant, c’est que ça ne marche pas.

La ville intelligente c’est d’abord la ville qui distribue l’intelligence et les capacités d’actions à ceux qui y vivent et travaillent.