Dans une tribune récente, Sylvie Ouziel, présidente d’Envision Digital, affirme que, pour réussir la transition énergétique, il faut adapter le marché de l’électricité aux réseaux intelligents et aux renouvelables intermittents.

En effet, la part de l’éolien et du photovoltaïque dans la production électrique mondiale ne cesse d’augmenter, notamment grâce à des coûts en baisse constante (-82% pour le photovoltaïque et -39% pour l’éolien entre 2000 et 2019).

La transition énergétique se focalise largement sur la production d’électricité décarbonée, or la question des réseaux de transmission et de distribution reste encore trop peu considérée“, estime Sylvie Ouziel.

Maintenir, en temps réel, l’équilibre entre offre et demande d’électricité va devenir de plus en plus difficile en raison du caractère intrinsèquement intermittent et non-contrôlable des productions solaires et éoliennes“, complète-t-elle. Le développement de l’autoconsommation va encore accentuer ce phénomène.

Adapter le marché de l’électricité aux réseaux intelligents, une nécessité 

Or, les risques sont connus en cas de déséquilibre sur le réseau : prix de l’électricité négatif, voire black-out. Le développement du stockage, en particulier via des batteries, va certes offrir de précieuses solutions de flexibilité.

Mais maintenir l’équilibre “entre génération, transmission et distribution, stockage et consommation d’électricité, depuis le temps réel jusqu’au long terme” impose, selon Sylvie Ouziel, de disposer de plateformes de réseaux intelligents, “combinant Intelligence Artificielle et Objets Connectés”.

“Mais pour matérialiser les bénéfices de ces technologies intelligentes et délivrer la flexibilité nécessaire, tout le modèle doit être adapté, depuis les régulations, les mécanismes de marché, les schémas de rémunération de la flexibilité jusqu’aux règles de partage des données”, conclut la consultante.