La bourse européene ERC Synergy dans le domaine du stockage de l’énergie vient d’être attribuée à une équipe de recherche européenne menée par les professeurs Patrice Simon, de l’université Toulouse 3, et Markus Antonietti, de l’université de Potsdam. D’un montant de 6,5 millions d’euros, elle leur permettra de poursuivre leur recherche fondamentale dans l’optimisation des batteries à échelle microscopique.

Les chercheurs ont notamment découvert, au niveau des électrodes, “des porosités de l’ordre du nanomètre, mille fois plus petit qu’un cheveu, où s’organisent des mécanismes inhabituels du stockage de la charge“, selon les mots de Patrice Simon. Ces porosités ouvrent la voie à l’utilisation de nouveaux matériaux, qui “contribuent à augmenter la capacité de stockage de charges“.

Le stockage, enjeu de poids de la recherche et de la transition énergétique

Les chercheurs doivent encore élucider ces phénomènes avant d’envisager des applications industrielles. Mais le potentiel est réel : “on pourrait utiliser ces matériaux pour faire des batteries de puissance qui auraient moins d’énergie que les batteries au lithium mais qui se rechargeraient plus vite. Cela peut intéresser ce qui concerne la petite mobilité électrique (scooter, vélo, trottinette)…“.

Plus généralement, la recherche fondamentale dans le stockage de l’énergie est nécessaire aux évolutions des réseaux électriques, notamment pour permettre l’augmentation de la part de renouvelables intermittents et le déploiement de la mobilité électrique.

Patrice Simon rappelle ainsi que, dans le cadre de l’Airbus des batteries, deux usines “vont être construites, une en France l’autre en Allemagne”, qui “vont produire plusieurs GWh annuels de batteries“, afin de réduire la dépendance de l’Union Européenne aux fournisseurs asiatiques.