Dans un entretien au Monde, Joseph Beretta, président de l’Avere-France (association des acteurs de la mobilité électrique), estime que, pour encourager l’essor du véhicule électrique, le développement des bornes de recharge est une priorité.

« Les obstacles liés au prix et à l’autonomie sont en train de tomber. (..) Désormais, les efforts doivent se porter sur le déploiement des bornes de recharge », précise-t-il. Même si la recharge se fait essentiellement à domicile, le réseau publique « est nécessaire dans les conditions d’itinérance », notamment sur les longs trajets. Les zones blanches notamment,  doivent être équipées en fonction des besoins des usagers.

Joseph Beretta rappelle également qu’un décret de 2017 impose l’interopérabilité des bornes, un enjeu structurant pour la recharge publique et un levier au service de la progression de l’électro-mobilité : « Aujourd’hui, une grande majorité des bornes sont interopérables. (…) Les différents réseaux commencent à être interopérables au niveau européen ».

« Instaurer une recharge intelligente » pour absorber la demande électrique supplémentaire

Sur la question de la consommation électrique supplémentaire conséquente à la mobilité électrique, Joseph Beretta souligne que l’Avere a réalisé « un gros travail sur ce sujet avec RTE. En 2030, avec 15 millions de véhicules en circulation, la recharge représentera de 7% à 8 % de la demande d’énergie en France ».

Si, pour le président de l’Avere, le réseau électrique est capable d’absorber cette demande supplémentaire, il faudra développer la notion de flexibilité, et « instaurer une recharge intelligente pour éviter les pics de consommation. Pour y parvenir, les bornes devront être connectées. La différence de tarification entre le jour et la nuit devrait motiver les consommateurs à adopter les pratiques les plus économiques et à ne pas recharger aux heures de pointe ».