Power Road, une innovation développée depuis 2017 par Eurovia, permet de capter le rayonnement solaire emmagasiné sur le revêtement des routes, pour le transformer en chaleur. Cette énergie calorifique, stockée ensuite dans le sol, peut être restituée à la demande.

En France métropolitaine, la surface totale occupée par les routes et autoroutes approche les 6 000 km2. Capitaliser sur ces espaces pour produire de l’énergie, tel est l’objectif de Power Road, procédé développé par le spécialiste des travaux publics Eurovia, une filiale de Vinci.

Power Road combine un revêtement routier classique à des tubes situés une dizaine de centimètres sous la route, dans lesquels circule un fluide caloriporteur. Le rayonnement solaire qui frappe le bitume est récupéré par le fluide : la chaleur ainsi générée est ensuite stockée dans des sondes géothermiques situées à 80 mètres de profondeur.

Déjà sept démonstrateurs du procédé Power Road

Le procédé permet de produire de 150 W /m2 à 1 000 W/m2 d’énergie selon la zone géographique et la saison. En hiver, la chaleur stockée peut permettre de déneiger les routes. Tout au long de l’année, les sondes géothermiques peuvent surtout alimenter en chaleur les bâtiments à proximité, par un système de pompes à chaleur. Avec 25% de captage énergétique maximal par jour, les premiers essais démontrent que le procédé est viable.

D’autres tests sont en cours pour évaluer le rendement de Power Road au long de l’année, et sa durabilité dans le temps en fonction du trafic. Un démonstrateur a ainsi simulé le passage de 3 à 5 millions de poids lourds en quelques mois. Un autre, installé depuis octobre 2019 à Egletons (Corrèze), a déployé 660 m2 de chaussée Power Road, raccordée au réseau de chaleur de la commune. En tout, sept sites-tests sont opérationnels, une cinquantaine d’autres sont en projet.