Dans une tribune parue sur Les Echos, Olivier Appert, de l’Ifri (Institut Français des Relations Internationales) et Clarisse Angelier, de l’ANRT (Association Nationale pour la Recherche et la Technologie), exposent pourquoi la transition énergétique de la France dépend de la transformation de son réseau électrique.

L’ANRT s’est penchée cette année sur la question de la flexibilité du réseau électrique. Deux problématiques vont se poser à court terme pour “maintenir un réseau opérationnel et pilotable ” : l’augmentation de la consommation, du fait de l’électrification croissante des usages (y compris la mobilité) et une évolution de la production électrique.

Les centrales pilotables vont en effet laisser la place à des fermes éoliennes et photovoltaïques, intermittentes et non programmables. A cela s’ajoute “une montée en puissance de l’autoconsommation, qui crée des nouveaux problèmes d’équilibre au réseau au niveau local “.

Le numérique, “enjeu majeur ” de la transformation du réseau électrique

Pour maintenir l’équilibre entre production et consommation face à des variations plus importantes et moins prévisibles, le réseau électrique va donc devoir s’adapter, dans le sens d’une plus grande flexibilité.

Les auteurs détaillent des pistes pour développer cette flexibilité : “modulation de la production d’électricité (en l’occurrence, la production nucléaire est un atout pour notre pays), technologies de stockage à court et long terme, construction de lignes d’interconnexion (coûteuses et difficiles à déployer), effacement de la demande (domestique et industrielle…) “. Mais pour s’imposer, ces technologies doivent présenter un modèle économique motivant l’investissement, ce qui implique sans doute une évolution réglementaire.

Le numérique, notamment le pilotage intelligent, est donc “un enjeu majeur ” de cette flexibilité. Les deux auteurs concluent en effet que “les systèmes numériques doivent gérer l’équilibrage prévisionnel, le réglage de tension et de fréquence, la stabilité, tout cela en apportant de la souplesse “.