Le 26 janvier, Michel Derdevet, secrétaire général et membre du directoire d’ERDF, a expliqué, sur le média Néoplanète, magazine, radio, site dédié à l’environnement, en quoi les réseaux électriques français avaient gagné en intelligence et fiabilité, notamment depuis ces dix dernières années. Un travail efficace, qu’il reste à prolonger bien entendu.

Le réseau moyenne tension

Le réseau moyenne tension, « la partie qui relie au-dessus, vers le réseau de transport d’électricité », a fait « l’objet depuis une dizaine d’années d’investissements lourds ». Ces investissements ont permis : la mise en place de « plus de 100 000 automates de fonctionnement » ; la création d’ « agences de conduite où 500 salariés d’ERDF surveillent les flux électriques en temps réel, 24h sur 24 ».

Ces investissements et ces dix années de travail ont porté leurs fruits. Les usagers ne s’en rendent pas forcément compte, mais « à la fin des années 1980, chaque Français était coupé en moyenne 400 minutes par an. Aujourd’hui on est tombé à un petit peu plus de 70 minutes ». Cela revient à dire qu’ « aujourd’hui, 70% des consommateurs électriques qui sont coupés, et ça arrive, sont rétablis en moins de deux minutes ».

Comme l’explique Michel Derdevet, « on a une amélioration tangible de la qualité qu’il faut prolonger dans tel ou tel département, dans telle ou telle zone où il y a encore des efforts à faire, mais le chemin parcouru est considérable et cette automatisation des réseaux va demain concerner la partie basse tension, qui vous relie votre compteur au réseau de distribution ».

Le réseau basse tension

Le réseau basse tension va faire l’objet des meilleurs soins lui aussi. Pourquoi ? Parce que comme le souligne le secrétaire général d’ERDF, « on va avoir, par ce réseau basse tension, l’arrivée des renouvelables, le véhicule électrique demain, va aussi être relié au réseau basse tension et non pas au réseau moyenne tension, et le compteur intelligent, le compteur Linky, qui sera d’ici 2021 diffusé auprès de l’ensemble des consommateurs, lui aussi participera de l’intelligence renforcée du réseau de distribution ».

Autant d’enjeux qui nécessitent une forte attention, gages de la transition énergétique française. Mais il faut rappeler, comme le fait Michel Derdevet, que la France est entrée « dans l’intelligence des réseaux » bien avant « l’invention du mot magique « smartgrid », arrivé aux Etats-Unis à partir des années 2008/2009 » mais bien avant, grâce à la capacité de la France « à mettre place des programmes industriels lourds permettant de fiabiliser son réseau électrique ».

Des infrastructures électriques fiables, un atout compétitivité

Un réseau électrique fiabilisé attire davantage d’investisseurs dans un pays et permet aux entreprises de continuer à fonctionner. C’est donc un élément déterminant de compétitivité d’un pays, « tout aussi important que d’autres indicateurs », comme le précise Michel Derdevet. D’autant plus que le savoir-faire de la France en matière de modernisation de ses infrastructures électriques, est tout à fait exportable.

Le membre du directoire d’ERDF l’affirme, le savoir-faire français « est tout à fait exportable, et beaucoup de pays dans le monde regarde avec intérêt ce que la France fait ». Cela s’explique en grande partie par la notoriété d’EDF au niveau mondial, avant la création d’ERDF, qui aujourd’hui porte cette image et ses propres enjeux. L’international est un axe de développement de l’entreprise.

L’expertise d’ERDF est peu développée dans le monde, à savoir « l’exploitation », « la capacité à faire fonctionner des systèmes complexes et de plus en plus complexes » comme l’intégration des énergies renouvelables au réseau électrique, le comptage intelligent, qui sont « des chantiers difficiles à mettre en œuvre ».

Il est donc dans l’intérêt de la France d’avoir dans ces domaines une expertise reconnue à l’international, tout autant qu’il est dans son intérêt de soigner son expertise auprès des territoires français.

Sources : neo-planete.com