En France, le secteur des transports est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, faisant de lui le premier secteur d’activité émetteur. Des solutions innovantes émergent pour diminuer l’empreinte carbone de nos véhicules. Wattway, la technologie élaborée par Colas pour créer des routes qui produisent de l’électricité d’origine solaire en est un exemple. Le premier prototype vient d’être installé à Marseille.

Le 20 janvier dernier, Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, annonçait le déblocage d’une enveloppe de 5 millions d’euros pour recouvrir 1000 kilomètres de routes de cellules photovoltaïques dans les cinq prochaines années. La ministre a posé le 21 mars la première dalle du premier site test de Wattway à Marseille, dont les 15 m2 de revêtement solaire. Cette technologie produira de l’énergie grâce à leur revêtement multicouche et recouvert de cellules photovoltaïques très résistantes. Si les tests sont concluants, ces routes bénéficiant d’une exposition au soleil accrue feront partie, des nombreux sites de production décentralisée d’énergies renouvelables en France.

Une prouesse technologique pour la transition énergétique

L’innovation de Colas, qui a remporté le trophée de l’innovation des Solutions Climat de l’Ademe fin 2015, consiste à équiper les dalles de cellules photovoltaïques résistantes à la chaleur et aux poids lourds grâce à un revêtement en résine.  1 m2 de Wattway peut produire jusqu’à 110 watts.

Les ingénieurs de Colas estiment que 1000 mètres de Wattway, une fois raccordé au réseau d’ERDF, peuvent alimenter l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants. Vincent Durand, Business developer de Wattway affirme que ces dalles photovoltaïques sont une solution intéressante pour l’alimentation électrique en zones urbaines et rurales, mais aussi en zones isolées et que l’Inde, où plus de 300 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité, pourrait être intéressée par ce type de technologies.

Les Pays-Bas ont construit la première piste cyclable surnommée SolaRoad en 2014. Long de 70 mètres, le test a fait ses preuves et a même dépassé les attentes des porteurs du projet en produisant suffisamment d’électricité pour alimenter un ménage pendant un an avec une production étalée sur six mois seulement. Au Royaume-Uni, des routes intelligentes vont encore plus loin. Des essais sont prévus afin d’équiper les routes d’un revêtement permettant de recharger des véhicules électriques par induction ; une avancée qui pourrait accélérer l’arrivée de véhicules électriques autonomes sur les routes. Outre l’enjeu lié au développement des énergies renouvelables, la route solaire présente un autre avantage. Contrairement aux fermes agricoles, elle n’entre pas en concurrence avec les terres arables ou les paysages naturels, évitant en cela de contribuer à l’artificialisation des sols.

Autant de technologies qui concrétisent la transition énergétique et s’inscrivent dans l’avenir bas-carbone du secteur des transports.

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