Le 28 avril, le projet Greenlys a livré ses conclusions après quatre années d’études sur les réseaux électriques intelligents de deux territoires urbains énergétiquement contrastés que sont les villes de Lyon et Grenoble.

Le projet Greenlys avait été lancé en 2012 afin de tester en conditions réelles les technologies de smart grids, essentiels pour concrétiser la transition énergétique. Ce projet primé par le 1er programme d’investissements d’Avenir de l’État géré par l’ADEME et classé « 3ème sur 169 démonstrateurs internationaux des smart grids” a rassemblé des acteurs du secteur de l’énergie pour sa mise en œuvre dont ENGIE, ERDF, GEG, Grenoble INP et Schneider Electric, Atos Worldgrid, le CEA, le CNRS EDDEN, Général Electric, Hespul, RAEE et RTE. Le projet a fait l’objet de 43 millions d’euros d’investissements dont 9,6 millions financés par l’ADEME.

Les expérimentations de Greenlys se sont concentrées sur quatre axes principaux :

  • le rôle proactif des consommateurs par le biais d’équipements, d’offres et des services qui leur permettent de gérer et de maîtriser leurs consommations électriques ;
  • la mise en place des « effacements » et la production décentralisée de l’énergie qui donneront davantage de flexibilité au réseau électrique ;
  • la transformation du réseau électrique par l’innovation pour la transition énergétique ;
  • la valeur sociétale, économique et environnementale d’un smart grid et la transformation du modèle énergétique actuel vers un système plus moderne et plus intelligent.

Lyon et Grenoble, villes laboratoires du projet Greenlys

Greenlys a bénéficié du soutien des villes de Lyon et Grenoble, dans le cadre de la loi MAPTAM qui prévoit la modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles et le transfert des compétences sur la gestion énergétique des réseaux.

Les deux villes sont très complémentaires. Grenoble bénéficie d’une image forte en matière de R&D et accueille des projets marquants dont l’écoquartier « presqu’île scientifique » de Caserne de bonne. De son côté, Lyon, « pionnière » en matière de ville intelligente, accueille des initiatives telles que le quartier Lyon Confluence. La ville a été un partenaire stratégique pour démontrer les complémentarités énergétiques entre zones urbaines et zones péri-urbaines.

Parmi les innovations testées :

  • le système communicant Linky ;
  • les solutions d’observation de l’état du réseau et de gestion du pilotage énergétique en temps réel ;
  • les technologies permettant l’intégration des énergies renouvelables sur le réseau ;
  • les équipements de détection d’éventuelles anomalies afin d’éviter les pannes ;
  • le raccordement des points de de charge pour véhicules électriques sur le réseau ;
  • les productions d’énergies renouvelables (photovoltaïque, cogénération)
  • les équipements et offres tarifaires relatifs aux effacements de consommation et services pour la maîtrise de l’offre et de la demande pour les clients tertiaires et résidentiels.

400 expérimentateurs résidentiels ont contribué au projet Greenlys. L’étude du comportement des consommateurs a permis des retours d’expériences sociologiques. 82% des ménages se disent satisfaits du projet pilote Greenlys, 63% ont adopté les équipements (Wiser et Schneider Electric) de pilotage après la période d’expérimentation et 84% se disent prêts à recommander les technologies « smart » de Greenlys à leur entourage.

Le démonstrateur Greenlys a permis aux parties prenantes d’avoir une approche globale du système énergétique en intégrant des solutions de gestion, des technologies pouvant constituer de nouveaux services et offres et la création de valeurs économiques, environnementales et sociétales. Le démonstrateur a permis de concrétiser un nouveau modèle énergétique basé sur les smart grids, une filière française du numérique et des données, créatrice de valeur et d’emplois pour les territoires.