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Une trajectoire de prix du carbone pour mettre en oeuvre la transition énergétique

Interview de Christian de Perthuis, Professeur associé d’économie, Université Paris-Dauphine

Gouvernance & société Publié le

© Christian de Perthuis - Reseau Durable

Retranscription

Ce qui est important ce n’est pas uniquement un prix à un instant t mais une trajectoire de prix. Parce que ce qui est important pour les entreprises et pour les ménages, c’est l’investissement qu’on fait aujourd’hui qui va conditionner les émissions de demain. Et donc ce qui est important c’est que les autorités publiques arrivent à mettre soit des taxes, soit des marchés de permis qui donnent une trajectoire ascendante de prix du carbone.

Les ordres de grandeur de cette trajectoire sont aujourd’hui de l’ordre de, à court terme, 30 à 40 euros la tonne de CO2. Et il faut aller vers des trajectoires qui augmentent et il y a un assez large consensus pour dire que des chiffres de l’ordre de 110 à 130 euros la tonne de CO2 en 2030 sont raisonnables compte tenu de ce qu’on connaît aujourd’hui.

Si on met en place une tarification carbone à grande échelle, il faut gérer les impacts distributifs et les impacts sur la compétitivité. Donc, toute la difficulté de la mise en place d’une tarification du carbone c’est pas uniquement de trouver le bon prix, c’est de savoir qu’est-ce qu’on va faire de la valeur carbone qu’on a créée soit via un marché de permis soit une taxe.

Alors là il y a deux règles très importantes, la première c’est qu’il y a des règles d’efficacité. Si on veut mettre en place une taxe carbone efficace, il faut procéder par substitution autrement dit il ne faut pas ajouter des impôts, il faut que la taxe carbone permette de baisser d’autres impôts.

Puis il y a des notions d’équité. Et ces notions d’équité c’est que bien évidemment une taxe carbone doit être uniforme parce que le coût social il est unique mais les ménages défavorisés voire les entreprises fragiles peuvent ne pas supporter, à court terme, cette tarification du carbone.

Il faut donc compenser les acteurs défavorisés notamment les ménages défavorisés par des subventions forfaitaires.

Christian de Perthuis, Professeur associé d’économie, Université Paris-Dauphine