Comment développer les smart grids? Comment aller plus loin? À travers deux interviews croisées de Valérie-Anne Lencznar et d’Yves Barlier, de Think Smart Grids, Réseau Durable fait le point sur le développement des smart grids en France.

Trois stades d’évolution

En France, le développement des smart grids se fait en trois phases. La première est incontestablement la recherche et développement : c’est dans ces premiers temps, nous explique Yves Barlier, pilote des relations institutionnelles, qu’on assiste à la véritable naissance d’un réseau intelligent.

Vient ensuite la phase des démonstrateurs, dont l’objectif est de tester ce qui a été élaboré précédemment : ici, Yves Barlier évoque la flexibilité qui a été testée sous forme de démonstrateurs en France (il en existe plusieurs en France, dans le cadre du projet SMILE par exemple). Le rôle de l’État et des acteurs privés y est prépondérant, dans la mesure où ces derniers participent financièrement et font l’effort industriel nécessaire pour aller plus loin.

Après cette période de mise à l’épreuve des technologies, vient le moment de l’industrialisation. “Ça a été le cas pour le compteur communicant Linky”, détaille M. Barlier. “[Il] ne peut se déployer que parce que les pouvoirs publics ont d’abord défini un cadre réglementaire, aujourd’hui inséré dans le code de l’énergie”. Par la suite, la CRE (Commission de régulation de l’énergie) fixe des objectifs et les grilles tarifaires.

Aller plus loin : vers la normalisation et l’interconnexion

“Pour développer les smart grids, il y a plusieurs pistes complexes à mettre en oeuvre. La première, c’est la normalisation” explique Mme Lencznar. “Pour être efficace, il faut que les réseaux intelligents s’interconnectent avec d’autres univers : mobilité électrique, smart homes, smart buidlings”.

En somme, pour qu’une ville intelligente émerge, il faut que les démonstrateurs prennent en compte diverses technologies répondant à des protocoles ou des normes similaires. “Une coordination renforcée est nécessaire” expique Valérie-Anne Lencznar.