En février 2018 a été inaugurée à Strasbourg la tour Elithis Danube, un bâtiment de 17 étages recouvert de panneaux photovoltaïques : pour la première fois au monde, une tour va produire davantage d’électricité qu’elle n’en consomme. Retour sur un bâtiment étonnant.

 

Dans l’éco-quartier de l’Esplanade, à Strasbourg, se dresse un bâtiment de 17 étages, pour 50 mètres de haut, baptisé tour Elithis Danube. Il se distingue par les centaines de panneaux photovoltaïques qui la recouvrent.

Des centaines de panneaux photovoltaïques, couvrant 112% des besoins énergétiques

 

L’ensemble des toitures sont ainsi recouvertes de 443 m2 de panneaux photovoltaïques, de dimension standard, posés à plat. La façade sud est équipée de 405 m2 de panneaux sur support verriers jouant le rôle d’ombrières en filtrant l’intensité du soleil. La façade dispose quant à elle de 385 m2 de panneaux en backsheet pour se fondre dans le design du bâtiment.

Cet immeuble produit donc sa propre énergie, qui en fait la première tour à énergie positive du monde. Sa production annuelle d’électricité est estimée à 177 000 KWhef en ensoleillement moyen, soit 112% des besoins de l’ensemble des logements, convertis au tout-électrique (chauffage, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage, ascenseurs, parc électro-ménager et multimédia).

Cette prouesse permet à l’ensemble de la tour de présenter des rejets de CO2 de l’ordre de 5,9 kg de CO2/m2/an, soit une division par quinze par rapport au parc moyen existant.

 

Réduire la consommation par une conception bioclimatique du bâtiment

 

La tour s’appuie également sur une conception bioclimatique limitant sa consommation d’énergie. D’abord en utilisant les énergies dites gratuites, la lumière naturelle pour l’éclairage et le rayonnement solaire pour chauffer en hiver, grâce à une densité d’ouverture vitrée largement au-dessus de la moyenne, allant jusqu’à 27%. Les appartements disposent par ailleurs de stores filtrants assurant fraîcheur et lumière en été.

Autre innovation technologique, le bâtiment dispose d’une enveloppe thermique haute performance, et chaque appartement est équipé d’un faux plancher recueillant l’ensemble de l’installation technique du logement – réseau d’électricité, réseau d’eau, système de ventilation hybride double flux / simple flux ; une innovation offrant des économies de consommation.

 

Rendre le logement intelligent grâce à une box domotique

Par ailleurs, chaque logement est équipé d’une box domotique, permettant de piloter le chauffage, l’éclairage, les stores et les connexions du logement. Ce logement rendu intelligent peut ainsi communiquer directement avec ses habitants, via leur smartphone : « On peut très bien nous dire en hiver ‘attention, vous avez laissé les volets fermés alors qu’il va faire beau aujourd’hui’, donc ouvrir à distance les volets et ainsi consommer moins de chauffage » explique une habitante de la tour.

Cette box permet ainsi à chaque foyer de maîtriser sa consommation d’énergie et de faire des économies : “Le logiciel transmet des informations sur la consommation énergétique en termes de chauffage ou encore d’éclairage. Le locataire/propriétaire peut donc savoir s’il peut encore faire des efforts, qui auront ensuite une influence importante sur sa facture” expose Thierry Bièvre, le PDG d’Elithis, concepteur de la tour.

 

Une facture d’électricité divisé par 20, pour des loyers dans la moyenne du marché !

Au total, les concepteurs estiment la facture énergétique de chaque logement aux alentours de 80 euros annuels, soit 20 fois moins que la moyenne nationale. Un chiffre qui peut encore baisser si les habitants suivent les conseils d’économies offerts par leur box domotique.

L’un des aspects les plus impressionnants de ce projet est que son coût est resté dans les standards actuels : « la tour Elithis a coûté le même prix qu’un bâtiment standard, sans loyers plus élevés” note avec satisfaction Thierry Bièvre.

Ce projet de bâtiment intelligent, à énergie positive et haute efficacité énergétique, s’inscrit ainsi parfaitement dans les hautes ambitions de la ville de Strasbourg en matière de transition écologique, puisque la métropole s’est donné comme objectif de fonctionner à 100% avec des énergies renouvelables à l’horizon 2050.