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Stockage : la France demande à l’Europe plus de flexibilité dans la gestion de l’énergie

Gouvernance & société Publié le

© aotaro

Le stockage de l’énergie se développe en Europe, et la législation afférente se met en place. Alors que la Commission Européenne veut interdire de fait aux gestionnaires de réseau électrique de posséder des moyens de stockage d’électricité, la France, par le biais de la CRE, aimerait une solution plus souple. Décryptage.

Avec le développement des énergies renouvelables intermittentes, le stockage de l’électricité est devenu un enjeu majeur de la transition énergétique que veut mettre en place l’Union Européenne. Intégrer davantage d’éolien et de photovoltaïque dans le mix énergétique nécessite de disposer de moyen de stocker l’électricité pour pallier l’intermittence de ces énergies. Les projets et les réalisations se multiplient, en France et dans le reste de l’Europe.

 

Les gestionnaires réseau ne sont pas les mieux placés pour stocker de l’énergie

Progressivement, une législation européenne se met en place. Fin juin, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative française, a publié une note destinée au parquet législatif européen, évoquant entre autres le stockage de l’électricité par les gestionnaire de réseau. Consciente que la Commission Européenne veut interdire cette possibilité, la CRE, soutenue par les autorités et les parlementaires français, propose une solution plus souple.

La Commission Européenne estime en effet que « par nature, les gestionnaires de réseaux ne sont pas les acteurs les mieux placés pour valoriser pleinement les possibilités offertes par un actif de stockage ». Si le réseau électrique doit disposer de moyen de stockage pour éviter la saturation et mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes, la Commission préfère que les espaces de stockage soient construits et gérés par des organismes ou sociétés tiers.

 

Assurer une concurrence saine

L’objectif de la Commission est d’assurer une concurrence saine sur le marché du stockage de l’électricité, et d’éviter un monopole étatique.Elle propose donc que le gestionnaire réseau détermine les lieux où il a besoin d’espace de stockage et lance des appels d’offre pour que des tiers les mettent en œuvre : « Un tel cadre permettrait une gouvernance simple, et une plus grande agilité du marché du stockage » explique la Commission Européenne.

 

La seule exception tolérée serait les cas où aucun tiers ne pourrait réaliser d’infrastructure de stockage, suite à un appel d’offre sans réponse satisfaisante par exemple. Dans ce cas, et uniquement dans ce cas, le gestionnaire réseau serait autorisé à construire lui-même un moyen de stockage : une solution qui convient parfaitement aux gestionnaires, pour qui le stockage d’énergie n’est pas le coeur de métier.

 

Des exceptions peu strictes pour gagner en souplesse

La CRE est sur la même ligne, pour elle les gestionnaires réseau n’ont pas vocation à devenir des opérateurs du marché de stockage de l’électricité. Mais elle demande un assouplissement du cadre : « la CRE sera particulièrement attentive aux propositions de la Commission européenne et vigilante à ce que les modalités de mise en œuvre des exceptions possibles n’aboutissent pas, de fait, à une interdiction totale et définitive pour les gestionnaires de réseaux d’être propriétaires de moyens de stockage ».

La CRE veut notamment que les gestionnaires réseau ne soient pas obligés d’attendre un appel d’offre infructueux pour mettre eux-mêmes en place un moyen de stockage quand cela est nécessaire à l’efficacité de la gestion du réseau. Si ponctuellement, un gestionnaire estime que la meilleure solution est de construire et gérer lui-même une méthode de stockage, il faut qu’il puisse le faire. Il s’agira évidemment de cas particuliers, qui devront être réglementés et précisés. Mais la CRE s’inquiète qu’un cadre trop strict empêche la mise en place de ces solutions dans le cas où l’efficacité du réseau serait l’urgence absolue.