Le 25 novembre dernier, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et celui de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ont présenté leur très attendu plan de rénovation énergétique. Doté d’un budget de 14 milliards d’euros, il vise à augmenter la performance énergétique des bâtiments par la rénovation de 500 000 logements par an et ainsi lutter contre les « passoires thermiques ».

La rénovation des bâtiments dans le but d’optimiser leur performance énergétique a été érigée en « priorité nationale » par le gouvernement. Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45 % de la consommation d’énergie nationale. Une transition énergétique efficace passe nécessairement par une réduction de ce poste de consommation, particulièrement gourmand, et pour lequel une marge de progression conséquente existe.

14 milliards de budget sur 5 ans

De trop nombreux bâtiments accusent un retard considérable sur les standards d’isolation en vigueur. La France compte pas moins de 7,4 millions de « passoires thermiques », ces logements étiquetés F et G, terriblement énergivores, dont les faibles performances énergétiques sont un double boulet, écologique pour la collectivité et économique pour ses occupants. D’autant qu’un tiers de ces « passoires » sont occupées par des ménages modestes. Ces logements sont naturellement les cibles prioritaires des rénovations à venir.

L’objectif global du plan est de rénover 500 000 logements par an, grâce à un financement de 14 milliards d’euros sur 5 ans, dont 9 milliards dans le cadre du Grand Plan d’investissement annoncé par le Premier ministre, Edouard Philippe. Sur cette somme, 5 milliards seront alloués au Crédit d’impôt transition énergétique (CITE), transformé en prime en 2019. Pratiquement, cela revient à doubler les rénovations annuelles, qui dépassent à peine les 250 000 logements actuellement.

Rénover 150 000 « passoires thermiques » occupées par des ménages modestes par an

Le gouvernement vise notamment la rénovation de  250 000 logements de particuliers dans le parc privé. Pour cela, des solutions sont offertes à ceux désireux de réaliser des travaux de rénovation : ils peuvent être aidés par le CITE, ou via le prêt “ECO-PTZ”  ou encore par les certificats d’économie d’énergie ou la prime énergie. Dans le parc de logements HLM, qui compte 600 000 logements mal isolés,  l’objectif visé est la rénovation de 100 000 logements par an.

Une priorité sera  donnée aux logements occupés par les ménages les plus modestes. 150 000 de ces « passoires thermiques »  seront rénovées chaque année, dont au moins 75 000 par l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat. Actuellement seuls 50 000 logements de ce type font l’objet de rénovation tous les ans.

L’Etat va également agir sur son propre parc immobilier pour « faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires ». Un quart de ce parc immobilier devrait être rénové en cinq ans, avec une priorité donnée aux bâtiments scolaires. 1,8 milliard d’euros seront débloqués pour cela, soit 1 milliard de plus que dans les prévisions actuelles.

Faciliter l’accès aux dispositifs d’aide

Parmi les mesures aidant à atteindre ces objectifs, le gouvernement entend simplifier l’accès aux dispositifs de soutien à la rénovation, en créant un « service public de la performance énergétique de l’habitat ». Un accompagnement dédié sera mis en place pour les particuliers, entreprises et collectivités. Des campagnes de communication sur ces aides sont également  programmées afin de développer la prise de conscience de la population.