Début octobre, McKinsey&Company et Bloomberg New Energy Finance ont publié une étude sur l’avenir de la mobilité. Intitulée « An Integrated perspective on the future of mobility », cette étude propose trois modèles de mobilité durable pour 2030.

Étudier la mobilité permet de prendre le pouls d’une ville d’après les auteurs de ce rapport qui pointent ses effets pervers comme le bruit, les embouteillages qui entraînent une pollution atmosphérique mais aussi une perte de temps non négligeable pour les automobilistes et leur entourage. Toutefois, l’étude souligne que les innovations technologiques dans les secteurs de l’électricité, le numérique et les avancées en termes d’autonomie sont l’avenir de la mobilité dans la perspective d’une urbanisation croissante, avec l’émergence de mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants.

3 modèles de mobilité durable atteignables d’ici 2030

Le modèle « Clean and Shared », qui privilégie les transports publics propres aux véhicules individuels, s’appliquerait à des villes comme Delhi, Mexico et Bombay, à l’urbanisation galopante, marquées par un trafic très dense et fortement émetteur de gaz à effet de serre. Pour ces mégalopoles aux infrastructures modestes, à la circulation mal régulée, avec une présence de véhicules divers mais aussi de nombreux piétons, l’essor du numérique et l’amélioration de l’autonomie permettrait un désengorgement des axes routiers et une meilleure sécurité.

Le modèle « Private autonomy », qui préconise l’appropriation par la population des dernières technologies en matière de voiture électrique et de voiture autonome, serait bien adapté aux villes étendues avec des voies de communication développées et orientées vers un usage privé de la voiture, telles que Los Angeles. Le co-voiturage apparaît comme une option complémentaire à l’essor des infrastructures innovantes permettant l’électrification des moyens de transport.

Le modèle « Seamless Mobility » est basé sur une infinité de combinaisons possibles, flexibles, avec des modes de transports tantôt innovants et propres, tantôt plus traditionnels et polluants, et des frontières relativement floues entre usages publics et privés, usages individuels ou partagés. Ce modèle représente la plus grande avancée par rapport à ceux que l’on connaît aujourd’hui et pourrait émerger dans des grandes villes à forte densité de population à hauts revenus comme Chicago, Hong Kong, Londres ou Singapour.

De Tokyo à Vancouver en passant par Paris ou Bordeaux, les modes de transports sont en train de changer. Ces évolutions vont aller en s’accentuant, rappelle l’étude. Elles permettront aux populations de se déplacer de manière plus efficace, plus propre, plus souvent, de multiples façons et à moindre coût. Mais pour y parvenir, pouvoirs publics et initiatives privées devront travailler de concert, à travers de solides partenariats desquels émergeront les meilleurs solutions, qui permettront d’améliorer le quotidien de milliards d’individus.