Grâce à des mesures incitatives, les véhicules électriques et hybrides rechargeables occupent aujourd’hui une part majoritaire des ventes de voitures neuves en Norvège. Le résultat d’un système encore perfectible, mais dont les acquis permettent de se positionner en pionnier de la transition énergétique.

Alors que la mobilité électrique peine à décoller en Europe avec moins de 1 % des ventes en France et en Allemagne, les véhicules électriques et hybrides rechargeables dominent le marché en Norvège. En septembre 2018, sur les 10 620 voitures particulières immatriculées dans le pays, environ 45 % étaient entièrement électriques et 15 % hybrides rechargeables, soit un total cumulé de 60 %.

Si cette tendance est encore relativement récente, elle commence à occuper une part significative de la flotte nationale, comptant pour 20 % parmi l’ensemble des voitures actuellement en circulation dans le pays. Conséquence : les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves se situent maintenant à un niveau jamais atteint de 55 grammes par km, soit 16 grammes de moins qu’un an auparavant. C’est la meilleure performance enregistrée dans le pays de 5,3 millions d’habitants, qui progresse déjà régulièrement depuis plusieurs années. « Bien qu’en Norvège, nous soyons habitués à ce que les émissions moyennes de CO2 diminuent d’un mois à l’autre, c’est le niveau le plus bas que nous ayons jamais mesuré », explique Øyvind Solberg Thorsen, directeur du Conseil consultatif de la circulation routière. Parmi ces nouveaux véhicules immatriculés le mois dernier en Norvège, Tesla en a vendu plus de 2 000, au point de représenter 23 % du marché électrique et environ 10 % du total des immatriculations dans le pays. Pour faciliter l’achat, le gouvernement propose plusieurs arguments de poids : fiscalité allégée, absence de TVA ou encore de taxe d’importation. Pour une Tesla Modèle X, la réduction de TVA sur ce type de SUV très prisé des familles norvégiennes peut ainsi aller jusqu’à 15 000 euros.

Des investissements conséquents

Afin de financer un système de mobilité à la hauteur de ses ambitions, la Norvège s’appuie sur le plus grand fonds souverain au monde, estimé à près de 1 000 milliards d’euros. Ironie du sort : ce dernier prospère principalement grâce aux revenus…du pétrole ! Le pays scandinave figure en effet parmi les principaux pays exportateurs d’or noir de la planète – et même leader en Europe occidentale. Il en retire près de 25 % de son PNB et emploie environ 300 000 personnes dans ce secteur. Mais au lieu d’être dépendant de ses propres ressources fossiles, comme bon nombre de producteurs d’hydrocarbures, Oslo s’est servi de cette manne considérable pour investir dans des infrastructures adaptées à son ambition de transition énergétique. Ainsi, 98 % de l’électricité produite en Norvège l’est à partir des barrages hydrauliques, ce qui limite la dépendance aux importations d’énergie.

Autre point essentiel, le pays disposera à terme d’un réseau de 10 000 bornes de recharge à travers le territoire, un nombre conséquent mais encore en cours de déploiement. En ville, les véhicules électriques peuvent également emprunter les couloirs de bus et bénéficient de la gratuité des parkings et des péages urbains, qui peuvent s’élever jusqu’à plus de 10 euros par jour pour les véhicules thermiques. Pour l’État norvégien, le coût de ces mesures s’élève à 500 millions d’euros par an, un niveau d’investissement relativement faible par rapport à ses ressources économiques et surtout aux perspectives de ce modèle, appelé à perdurer et à se perfectionner au fur et à mesure des avancées technologiques en la matière.

 

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