En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies permettant la mesure d'audience. OK ou Refuser

Le marché du stockage de l’énergie décollera-t-il en France ?

Énergies renouvelables Publié le

© Frederic Bisson

L’étude « Le marché du stockage de l’énergie en France et dans le monde » du cabinet Xerfi décrypte les grandes tendances du marché du stockage de l’énergie d’ici 2020. Selon cette étude, les capacités mondiales de stockage stationnaire par batterie devraient être multipliées par 6,5 d’ici à 2020 en raison du développement accéléré des énergies renouvelables et de l’augmentation de leur part dans les mix énergétiques des pays.

Le secteur du stockage devrait aussi connaître une croissance très rapide grâce à l’essor de l’électromobilité, qui progressera de 50% en moyenne jusqu’en 2020, portant les ventes à 4,4 millions de véhicules électriques sur les routes dans le monde. Considéré aujourd’hui comme étant encore trop onéreux, le véhicule pourrait voir son prix dégringoler dans les années à venir. L’étude de Xerfi estime que le coût des batteries pourrait chuter de 50% d’ici 2020. Cette baisse provoquerait l’envol du marché des véhicules électriques.

Le lithium-ion demeurera la solution de stockage n°1

Selon Xerfi, l’utilisation de la technologie lithium-ion continuera de dominer le marché du stockage stationnaire (hors véhicules) au niveau mondial en occupant 90% de la part des technologies utilisées, grâce à ses capacités énergétiques et de résistance à la surchauffe. La capacité totale de stockage d’énergie par batteries atteindrait les 12 GW d’ici 2020, soit l’équivalent d’environ 6 réacteurs nucléaires (EPR). Ce marché sera détenu à 80% par 6 industriels asiatiques : Panasonic, NEC, LG Chem, Samsung SDI, BYD et CAT.

Quels atouts pour la France ?

En France, le secteur du stockage stationnaire devrait moins profiter de cette dynamique, en raison d’une bonne résilience du système électrique français qui « ne nécessitera pas de capacités supplémentaires de stockage massif de l’énergie à l’horizon 2030 », selon les conclusions de l’institut Xerfi qui s’appuient sur les travaux menés par l’Association Technique Energie Environnement (Atee) pour le compte de l’Ademe en 2013. Selon l’Ademe, la part du stockage d’électricité dans le mix électrique français est déjà significative et se situe à 4,3 GW pour les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) et à 13 GW pour les barrages hydrauliques avec réservoir. D’où le faible besoin de la France en capacités de stockage d’électricité supplémentaires, évalué de 1 à 1,5 GW.

Toutefois, si le marché français du stockage stationnaire ne s’avère pas très dynamique, la France peut se positionner sur d’autres technologies développées au niveau national comme les volants d’inertie de grande capacité, le stockage de l’énergie associant batteries et piles à combustible pour les immeubles, les bâtiments tertiaires et/ou les sites isolés, et encore la filière hydrogène. La présence en France de plusieurs leaders mondiaux et de start-up tels que Air Liquide, McPhy Energy et Symbio Fcell ainsi que la récente labellisation « Territoires à hydrogène » de 29 projets dans le cadre de l’appel à projets lancé en mai 2016, porté par la Nouvelle France industrielle, témoignent de la montée en puissance de cette filière.