Avec 18 000 victimes quotidiennes, la pollution est devenue un fléau sans égal dépassant le nombre total de victimes du sida, de la tuberculose ou des accidents routiers. Le rapport « World Energy Outlook Special Report » de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) et de l’OCDE propose des scénarios pour venir à bout de la pollution progressivement en promouvant par exemple l’accès à une meilleure qualité d’énergie ou encore en passant aux modes de transport écologique. L’énergie contribue certes au progrès, au développement et à la croissance pour l’économie et la société partout dans le monde mais les effets secondaires sont aussi coûteux pour la santé humaine, les cultures agro-alimentaires et le climat.

La pollution de l’air, 4ème plus grand facteur de risque pour la santé humaine

L’utilisation d’énergie qui émet des polluants est encore présente aujourd’hui et pratiquée par plus de 2,7 milliards d’individus faisant plus de 6 millions de victimes positionnant la pollution de l’air comme le quatrième facteur de risque pour la vie humaine dans le monde après l’hypertension, l’obésité ou encore le tabagisme. Chaque année, l’émission de plusieurs millions de tonnes de particules et de molécules polluantes sont liées à l’utilisation de l’énergie par des combustibles notamment fossiles malgré l’attention grandissante sur le changement climatique.

Ces émissions liées l’utilisation d’énergie pour les tâches ménagères et, l’éclairage, aux modes de transports et à l’activité industrielle. Les émissions de polluants toxiques pour l’homme sont majoritairement issues de la production d’énergie par combustion d’hydrocarbures et de biomasse. La pollution peut aussi intervenir lors de l’extraction des ressources naturelles et peut aussi dépendre de la qualité de la matière première utilisée pour générer de l’énergie. Les autres sources émettrices de gaz à effet de serre sont les transports, les déchets et l’agriculture industrielle intensive.

Les différents polluants et leurs sources d’émissions sur lesquels le rapport se focalise sont le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote et les matières particulaires (particules fines en suspension).

Les polluants et leurs sources primaires
OCDE/AIE 2016

Les émissions de SO2 (majoritairement liées à la production d’énergie avec le charbon et la combustion des hydrocarbures) par région et par secteur :

Les émissions de dioxyde de soufre
OCDE/AIE 2016

Les émissions de Nox (émissions qui reposent pour une grande partie sur les transports) par région et par secteur :

Les émissions de dioxyde d'azote
OCDE/AIE 2016

Les émissions de PM2.5 (liées à l’utilisation de Kerosene et/ou du charbon par exemple par les ménages pour des tâches du quotidien) par région et secteur :

Les émissions de matières particulaires par région
OCDE/AIE 2016

Privilégier et faciliter l’accès à l’énergie propre

Le rapport met en avant l’importance de verdir le mix énergétique mais précise que la précarité énergétique des ménages est une priorité. Le nombre de décès liés à la pollution domestique est estimé à 3,5 millions de victimes aujourd’hui. Et le nombre de victimes de la pollution extérieure s’élève à 3 millions. En 2012, le nombre de victime était de 4.3 millions pour les décès liés à la pollution intérieure et 3 millions pour la pollution extérieure. 80% des victimes concerne l’Asie où près de 1,9 milliards de personnes dépendents encore des énergies précaires pour leur vie quotidienne. Les pays présentant un nombre de décès précoce lié à la pollution de l’air domestique significatif sont la Chine (1,5 million), l’Inde, (1,25 million), l’Indonésie (165 000), le Nigeria (130 000), le Pakistan (120 000) et le Bangladesh (85 000).

Afin d’attendre des niveaux acceptables d’émissions et de diminution de pollution d’ici 2040, selon le rapport, les investissements dans le secteur de l’énergie doivent être augmentés de 7% seulement pour diminuer les victimes de la pollution extérieure de 1,7 millions et les victimes de la pollution domestique de 1,6 millions. Investir pour donner l’accès à l’énergie propre pour les usages domestiques est donc primordial pour diminuer la pollution et les décès précoces. Ce type de pollution intervient notamment en Asie et en Afrique sub-saharienne où la combustion de biomasse pour générer de la chaleur pour la cuisine et pour s’éclairer est responsable de plus de la moitié des émissions de particules polluantes qui sont inhalées par les occupants des maisons et s’échappent également dans l’atmosphère pour contribuer au réchauffement climatique.

Le nombre de victimes liées à la pollution domestique et la pollution de l’air extérieure :

Nombre de victimes pollution domestique et pollution extérieure
OCDE/AIE 2016

Des ménages n’ayant pas l’accès à l’énergie propre sont une priorité tout comme la décarbonnisation du secteur des transports. Les industries doivent aussi faire leur transition. Le rapport présente aussi des scénarios pour venir à bout de la pollution avec notamment le Clean Air Scenario appliqué aux États-Unis, au Mexique, à l’Union europénne, à la Chine, à l’Inde, à l’Asie du Sud-Est et à l’Afrique.

Le Rapport