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Une gouvernance claire du partage et de la propriété des données dans la ville

Interview de Cécile Maisonneuve, Présidente de La Fabrique de la Cité

Villes & territoires intelligents Publié le

© Cecile Maisonneuve - Reseau Durable

Retranscription

La ville a toujours été le co-produit de partenariats. Il n’y a jamais eu des villes faites uniquement par la puissance publique et on voit bien que nos villes modernes se sont construites par des partenariats intelligents entre les entités qui dirigent la ville et des entreprises publiques ou privées qui fournissaient les services.

Alors évidemment aujourd’hui on voit arriver dans la ville un certain nombre d’acteurs. Dans la mobilité, tout le monde pense à Uber, dans la logistique urbaine, Amazon développe une stratégie très dynamique. En matière de logement, on peut penser à Airbnb.

Alors, dans tous les pays et même aux États-Unis, ça suscite des interrogations, par exemple dans certaines villes américaines, je pense à Austin, ont interdit Uber clairement. On a des débats en France mais il ne faut pas croire que c’est des débats franco-français. Ça suscite aussi de la croissance, je pense par exemple du rôle d’Airbnb à Lisbonne, ça a favorisé la rénovation des bâtiments dans le centre ville de Lisbonne. Ça suscite des tensions aussi, l’anti-lisbonne je dirai c’est Barcelone. Pour le coup l’effet Airbnb fait que Barcelone est une ville qui ne veut plus être attractive, en tout cas être attractive différemment.

Moi ce que je pense fondamentalement que là encore sur ces partenariats, la gouvernance faut qu’elle soit claire. Par exemple à Boston il y a un partenariat avec Waze et qui est un partenariat qui est très efficace parce qu’il augmente à la fois le niveau de services rendus par la ville à ses citadins et il augmente pour la ville une meilleure connaissance par un partage des données qui a été clairement établi entre Waze et Boston.

C’est ce que j’appelle une bonne gouvernance des données c’est à dire qu’un grand nombre d’acteurs possède des données dans la ville et pour que l’utilisation de ces données soit acceptée, pour qu’elle puisse fournir un service utile aux gens, il faut définir des cadres extrêmement clairs de partage et de propriété de ces données.

Le mouvement qu’on voit beaucoup aujourd’hui en terme d’acceptabilité de l’utilisation du big data dans la ville c’est la notion de rendre la donnée aux citoyens parce que à la fin des fins celui qui produit la donnée c’est bien vous, moi, c’est à dire l’ensemble des citadins.             

Cécile Maisonneuve, Présidente de La Fabrique de la Cité