Le 19 mai, l’agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) a rendu public son rapport 2015 « Energies renouvelables et emploi ». Le constat est contrasté : si le nombre de salariés travaillant dans le secteur des énergies renouvelables dans le monde a enregistré une hausse de 18% dans le monde entre 2013 et 2014, l’Union européenne a vu son effectif de salariés dans cette branche baisser de 4%.

Énergies renouvelables : La Chine leader, l’Europe en queue de peloton

Ce rapport 2015 détaille la répartition géographique des métiers de l’énergie renouvelable, analysant ainsi les dynamiques du marché de l’emploi dans ce secteur qui compte 7,7 millions de salariés. Sur la première marche du podium, la Chine qui est certes le pays le plus pollueur au monde mais qui est également le plus grand pourvoyeur d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Ainsi, le rapport indique qu’en 2014, le pays comptait 3 390 000 emplois consacrés aux énergies renouvelables, ce qui représente la moitié des postes existants. Le Brésil suit avec 934 000 emplois et le podium est complété par les Etats-Unis avec 724 000 emplois. Les nations européennes sont peu représentées dans le Top 10 puisque seules l’Allemagne (371 000 emplois) et la France (176 000 emplois) y figurent, le reste de l’Union Européenne se partageant 653 000 emplois.

Par ailleurs, le continent asiatique est assez largement représenté dans ce Top 10 avec la présence de l’Inde (437 000 emplois), de l’Indonésie (223 000 emplois), du Japon (218 000 emplois) et du Bangladesh (129 000 emplois).

Le photovoltaïque, principal employeur du secteur des énergies renouvelables

En terme de répartition sectorielle, le photovoltaïque est dominant avec près de 2,5 millions de salariés. C’est encore l’Asie qui se trouve en pole position avec près de 75% des salariés concentrés sur le continent, avec notamment une grande partie en Chine et au Japon. Cette tendance ne s’observe pas en Europe qui a enregistré une baisse de 35% des postes tournés vers le photovoltaïque entre 2013 et 2014. Auparavant plébiscitée, l’énergie photovoltaïque souffre en Europe de la concurrence de l’éolien et du solaire. À titre d’exemple, après d’importants investissements dans le photovoltaïque, l’Espagne et l’Allemagne ont privilégié l’éolien s’adaptant ainsi aux préconisations de la Commission européenne qui appelle à l’accélération de la concurrence sur le marché de l’énergie, condition indispensable pour « progresser par rapport à tous les objectifs de la politique énergétique de l’Union à l’horizon 2030 ».

Quid de la France ?

Bien que présente dans le top 10 des pays qui emploient le plus dans le secteur des énergies renouvelables, la France se trouve loin derrière les leaders mondiaux et est également distancée par son principal concurrent européen l’Allemagne. Le pays emploie deux fois plus dans le secteur que l’Hexagone qui a enregistré une baisse de 4% depuis 2013. C’est la filière solaire qui a été la plus touchée par ce repli avec la perte de 14 100 emplois correspondant au recul des nouvelles installations dans ce secteur. Cependant, la France domine encore un secteur, celui de l’énergie biomasse avec 52 500 emplois ce qui lui permet d’être leader de ce secteur en Europe.

Comme le démontre une analyse de ce rapport menée par EurObserv’ER, consortium dédié à l’étude des énergies renouvelables dans l’UE, le secteur subit encore les aléas du marché de l’emploi et seuls quelques grands groupes internationaux tirent leur épingle du jeu. Il reste néanmoins des raisons d’espérer avec notamment un possible retrait anticipé de certains droits à polluer pour les entreprises, réclamé par huit députés membres de la commission Environnement du Parlement européen. Cela pourrait donner un second souffle au secteur des énergies renouvelables et par conséquent à son marché de l’emploi.