Confronté à la problématique de sécuriser son approvisionnement en énergie et de diversifier sa production, le royaume fait le pari du renouvelable et des réseaux intelligents.

En Thaïlande le défi énergétique est de taille. Selon un rapport résenté par l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), « la demande d’énergie de la Thaïlande pourrait augmenter de 78 % entre 2015 et 2036, portée par une forte croissance économique (estimée à 3,9 % par an sur cette période) ». La consommation de charbon serait particulièrement concernée, puisqu’elle pourrait augmenter de 160 %, entraînant une forte augmentation des émissions de CO2 (+ 70 %, selon les estimations de l’Irena).

Le pays s’est engagé à réduire de 20 % à 25 % le niveau de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Mais les énergies fossiles, principalement importées, restent prédominantes. En 2016, elles représentaient 97 % de la consommation d’énergie primaire. « Malgré des ressources énergétiques fossiles (pétrole brut, gaz naturel, charbon), la Thaïlande est dépendante des importations à hauteur de 60 % de sa consommation primaire et les réserves prouvées d’hydrocarbures sont relativement faibles (4 à 5 ans de consommation) », souligne un rapport de l’Ambassade de France à Bangkok de novembre 2017.

Dans ce contexte, le pays doit faire face à un double défi : sécuriser son approvisionnement en énergie et diversifier sa production. D’autant que la production de gaz naturel s’affaiblit depuis 2015 et que le pays pourrait être obligé d’en importer pour couvrir sa demande interne, selon l’Ambassade française.

« Smart grids », la clé du changement

Pour faire face à ces défis, l’Irena recommande de porter la part des renouvelables à 37 % de la consommation d’énergie finale et 25 % de la production électrique à l’horizon 2036. Une ambitieuse politique de décarbonisation s’avère toutefois indispensable pour y parvenir.

Dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, la deuxième économie d’Asie du sud-est s’est engagée à diversifier ses sources d’énergie et à développer le solaire, l’éolien, la biomasse et la transformation des déchets. Le pays avait en outre annoncé, en 2016, l’investissement d’environ 13,6 milliards de dollars dans des infrastructures de réseaux intelligents ou smart grids, véritable clé pour intégrer les énergies renouvelables intermittentes et rendre ainsi possible la transition énergétique.

A Chiang Mai, la smart city s’appuiera sur l’expertise de l’agence « Paris&Co » pour développer un écosystème de start-up locales et internationales l’objectif est de stimuler l’innovation dans ces quartiers intelligents.

Et Pattaya, célèbre station balnéaire située dans la province de Chonburi, à 147 km au sud-est de Bangkok, devrait confirmer avant la fin de l’année le déploiement de 120 000 compteurs intelligents chez des particuliers et la construction d’un terminal de traitement des données relevées.

Deux projets de microgrid à Mae Sariang (nord du pays) et sur les îles de Koh Kood et de Koh Mak  (dans la province de Trat, à l’est du pays) complètent le vaste plan de développement des réseaux intelligents qui fait intervenir les acteurs majeurs de l’électricité.

« La Thaïlande a explicitement placé la sécurité énergétique au premier rang de ses objectifs politiques », souligne l’Irena. Or, seul le développement des énergies renouvelables lui permettra d’honorer cet objectif tout en respectant ses engagements internationaux.