Modèle de transition énergétique, la Suède a entrepris d’optimiser l’utilisation de ses ressources naturelles en milieu urbain comme dans l’éco-quartier Hammarby Sjöstad. Pour transformer ses villes en smart cities, elle fait partie des premiers pays au monde à avoir adopté les compteurs intelligents.

Si plus d’un tiers des 35 millions de foyers français sont déjà équipés de compteurs Linky, la France est loin d’être pionnière dans le déploiement de compteurs communicants. Alors que les premiers appareils ont été installés en décembre 2015 dans l’Hexagone, 22 pays sur les 28 de l’Union européenne ont également lancé leur déploiement. Parmi eux, trois pays ont déjà finalisé l’opération : l’Italie, la Finlande et la Suède. D’autres, comme l’Espagne et le Royaume-Uni, ne sont plus qu’à quelques mois de les rejoindre. 

La Suède a de son côté maintenant totalement intégré les compteurs communicants dans son paysage énergétique national. Avec 5,3 millions de compteurs première génération installés en 2009, la nation scandinave, comme l’Italie, s’apprête à présent à passer au déploiement de la seconde génération dans la décennie à venir. En Suède, plus de la moitié de la consommation finale d’énergie (52,1 % en 2013) provient déjà de sources renouvelables. En milieu urbain aussi, le pays est en avance en matière de transition énergétique, à en croire les excellents résultats affichés par l’Ambassade de France en Suède sur la sobriété et la décarbonation des villes. De quoi conforter le pays dans son ambition de devenir le premier État au monde affranchi de combustibles fossiles d’ici 2030. 

Les compteurs intelligents, piliers des smart cities suédoises

Depuis le début des années 2000, le gouvernement est également engagé dans la transformation digitale de ses villes afin d’optimiser l’utilisation et la disponibilité des Hammarby-Sjostad-eco-quartier-Suede-compteursressources. Les réseaux urbains sont en passe de devenir « smarts », à l’image de l’éco-quartier d’Hammarby Sjöstad 2.0 à Stockholm. Un projet qui démarra en 1996, en prévision de la candidature de Stockholm pour les Jeux Olympiques de 2004. Autrefois des docks industriels, Hammarby Sjöstad prévoit d’abriter 25 000 habitants pour les quelque 10 000 appartements qui le composent. Ce lieu d’expérimentation intègre progressivement de nouvelles solutions intelligentes et durables s’appuyant sur l’électrification et la digitalisation. Une association d’initiative citoyenne a même vu le jour en 2014 à Hammarby Sjöstad. ElectriCity travaille sur « 28 projets, du chargement de voitures électriques à domicile au développement de la géothermie, en passant par l’implantation de panneaux solaires nouvelle génération » écrit Allan Larsson, ancien ministre des Finances, dans un article pour un journal local. Dans le sud de la capitale, une douzaine de solutions connectées existent déjà, pour améliorer la sobriété des bâtiments, l’éclairage, la collecte des déchets ou la mobilité.

Depuis 2017, le conseil national des smart grids œuvre en faveur d’une flexibilité accrue dans le système électrique, avec une attention particulière pour la promotion du savoir-faire suédois à l’étranger. Dans cette optique, le déploiement des compteurs communicants constitue un outil central pour gérer intelligemment la consommation électrique des foyers, des entreprises et les flux qui circulent sur le réseau public. 

De son côté, l’État suédois a reconnu les smart cities comme l’un des cinq Programmes de partenariat innovant (IPP) aux côtés des sciences, des transports nouvelle génération, de l’industrie connectée et de l’économie circulaire. Il vient d’ailleurs de doubler le budget annuel (4,82 millions d’euros par an) de la plate-forme Smart City Sweden, qui développe des solutions énergétiques et des technologies vertes, pour les trois années à venir.

 

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