À contre-courant de la politique climatique de l’actuel président des Etats-Unis, l’Etat de la Californie s’est engagé sur la voie d’une transition énergétique réussie. En mettant en valeur son exceptionnel potentiel en terme d’énergies renouvelables, l’État envisage de produire une électricité 100% verte à l’horizon 2045.

En termes de transition énergétique, la Californie entend continuer de montrer l’exemple. Elle a ainsi pris la tête de la coalition de 16 États américains qui ont pris la décision de respecter les engagements climatiques pris par Barack Obama dans le cadre de l’accord de Paris en 2015. Et ce, même si les États-Unis ont depuis quitté cet accord, sur décision du nouveau président Donald Trump.

« La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le changement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison Blanche » se félicite le sénateur californien Kevin de León.

Une électricité déjà renouvelable à 42,8%

La Californie valorise en effet depuis longtemps son important potentiel renouvelable – ensoleillement élevé, vents forts, sous-sol propice à la géothermie. L’Etat a choisi d’investir dans un large éventail d’énergies renouvelables, pour ne pas dépendre d’une unique source.

En 2016, la production d’électricité de la Californie était à 42,8% d’origine renouvelable. Cette électricité renouvelable était ventilée ainsi : 14% d’hydro-électricité, 12,1% de photovoltaïque, 6,6% d’éolien, mais aussi 6% de géothermie, 2,9% de biomasse et 1,2% de solaire thermodynamique.La Californie est le premier Etat producteur  de chacune de ces énergies renouvelables : sur l’année 2017, elle a même produit à elle seule 42,5% de l’électricité photovoltaïque américaine.

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Atteindre les 100% en 2045

La Californie va continuer à augmenter ses investissements, déjà forts, dans les énergies renouvelables. L’Etat s’est récemment donné l’objectif d’atteindre 100% d’électricité verte en 2045, avec des objectifs intermédiaires de 50% en 2025 et 60% en 2030.

L’effort à fournir est d’autant plus important que la Californie veut, dans le même temps, devenir autonome en électricité. Elle ne produit en effet que 74% de son électricité et reste dépendante d’importations d’États voisins et du Mexique. L’État ambitionne également d’avoir, à cette date, électrifié une grande majorité de ses véhicules automobiles.

Grands travaux renouvelables programmés

kevin-de-leon-californieL’État envisage donc de produire beaucoup plus d’électricité qu’aujourd’hui, tout en abandonnant totalement les centrales fossiles. Pour ce faire, la Californie a programmé, à un rythme soutenu, la construction de nouvelles centrales hydrauliques, photovoltaïques, solaires thermiques, éoliennes ou géothermiques.

A partir du 1er janvier 2020, chaque nouveau bâtiment résidentiel construit en Californie devra être équipé de panneaux photovoltaïques en toiture. Cela permettra de réduire de « 50% la consommation énergétique dans les nouveaux logements » selon Kevin de León. Tout en offrant des économies aux habitants, qui paieront plus cher leur logement, mais avec des dépenses d’énergies divisées par deux.

Cette politique de valorisation des renouvelables est par ailleurs bénéfique à l’emploi : « Il y a déjà dix fois plus d’emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l’exploitation des mines de charbon pour l’ensemble des États-Unis » pointe Kevin de León.

Investir dans le pilotage de la consommation et le stockage

L’État envisage donc un mix électrique 100% vert, s’appuyant donc fortement sur des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien). Le tout dans un territoire dotée d’une population urbaine à 97% et où le pic de consommation du soir est particulièrement fort. Cette double problématique, associée au développement programmé de la mobilité électrique, impose un pilotage en temps réel de la consommation, en rapport avec la production – le tout soutenu par des unités de stockage électrique de grande envergure.

Pour répondre à ces défis, le réseau électrique doit être intelligent et pilotable : la Californie est déjà un État pionnier en matière de smart grids, mais elle devrait accélérer leur déploiement à échelle industrielle dans les années à venir. Parallèlement, l’État vient d’annoncer un investissement de 830 millions de dollars sur 5 ans dans le stockage de l’électricité.

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« Remplir les objectifs des accords de Paris et même aller au-delà »

Ce qui marque le plus dans la politique énergétique californienne, au-delà de son ambition, est sa cohérence : aucun aspect n’est laissé de côté, l’État avance sur plusieurs chantiers complémentaires de front, afin d’atteindre des objectifs particulièrement forts. 

« La Californie est sur les rails pour remplir les objectifs des accords de Paris et même aller au-delà. Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ça doit être fait », conclut son gouverneur Jerry Brown.