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Bilan 2016 mondial : l’éolien a le vent dans le dos

Énergies renouvelables Publié le

Toujours plus rentable et respectueux de l’environnement, l’éolien s’impose comme l’une des énergies de demain. Le nombre d’installations éoliennes ne cesse de croître, tout comme la part de l’éolien dans le mix énergétique mondial, notamment grâce à une “méga-locomotive”, la Chine. La France n’est pas en reste : elle a une nouvelle fois battu en 2016 son record de raccordement d’installations sur une année.

Il est loin, le temps où l’énergie éolienne était considérée comme un doux rêve, mode de production largement subventionné qui ne se développait qu’en raison de l’acharnement d’écologistes chevronnés.

Aujourd’hui, l’éolien compte parmi les énergies les plus rentables, les coûts d’installation ne cessent de baisser et la rentabilité énergétique d’augmenter. Les premiers parcs éoliens non subventionnés vont ouvrir dans quelques années au large des côtes allemandes, preuve de la maturité de l’éolien offshore. Et si la filière éolienne française est encore largement dépendante des subventions, il n’est pas interdit d’espérer qu’elle finira, elle aussi, par devenir pleinement rentable. L’heure du vent a sonné.

L’environnement n’est pas (forcément) la raison première de choisir l’éolien

Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si les deux pays à avoir installé le plus de puissance éolienne en 2016 ne sont pas réputés pour leur respect inconditionnel de l’environnement ou leur promptitude à signer ou respecter les traités internationaux sur le sujet. Si les Etats-Unis, et surtout la Chine, investissent massivement, depuis plusieurs années, dans l’éolien, ce n’est pas forcément par souci de diminuer leurs émissions de CO2, mais bien parce que cette énergie est rentable, et le sera de plus en plus, à mesure que le coût des énergies fossiles augmentera.

L’enjeu est donc à la fois économique et stratégique, avant d’être environnemental.

10% d’éoliennes en plus entre 2015 et 2016

Le rapport annuel du GWEC (Global Wind Energy Council) a été récemment publié : on y découvre que le parc éolien mondial a augmenté de 54,6 GW, pour un total de 486,8 GW de puissance mondiale installée fin 2016. Cela représente une augmentation de plus de 10%, mais les prévisionnels étaient encore plus optimistes ; en 2015 plus de 60 GW avaient été installés, et le GWEC en espérait au moins autant en 2016. Un dynamisme moindre de la Chine et des « marchés émergents » de l’éolien (Afrique du Sud, Brésil, Mexique) explique cet écart.

La Chine en tête des installations, de très loin

Même moins fort qu’annoncé, ce bond en avant reste impressionnant. La contribution de la Chine est y pour beaucoup. L’Empire du Milieu a installé 23,3 GW de puissance éolienne supplémentaire, soit 42% du total mondial – sur l’année, près d’une nouvelle installation éolienne sur deux était en Chine. Avec une production estimée à 241 TWh, l’éolien couvre désormais 4% de la production électrique chinoise.

Les Etats-Unis, de leur côté, ont augmenté leur puissance éolienne de 10%, avec 8,2 GW supplémentaires, pour un total de 82,2 GW. La production américaine en éolien, grâce à un parc à la rentabilité énergétique largement supérieure à celle de la Chine, atteint 226 TWh, soit 5,5% de la production nationale d’électricité.

L’Allemagne complète le podium mondial avec 5,4 GW de puissance éolienne supplémentaire, et devrait, si l’on se fie aux nombreux appels d’offres du gouvernement, maintenir un rythme d’installations soutenu. On retrouve ensuite l’Inde et le Brésil, avec respectivement 3,6 et 2 GW supplémentaires installés.

La France bat son record de raccordement d’installations éoliennes sur une année

La France occupe la sixième position : avec 1,56 GW, le pays vient de battre son record de nouvelles installations éoliennes raccordées aux réseaux. Les effets de la loi sur la transition énergétique commencent à se faire sentir, et de nouveaux chantiers et appels d’offres sont programmés dans les années à venir pour maintenir cette cadence et ce dynamisme.

L’éolien a couvert 3,9% de la production électrique nationale, un chiffre en baisse par rapport à 2015. La raison ? Malgré une puissance installée supérieure, des mois de septembre et de décembre particulièrement peu venteux en 2016 ont fait chuter la production.

Des prévisions de croissance de 10% par an

Les bonnes raisons de choisir l’énergie éolienne ne menaçant pas de s’envoler, l’avenir du vent semble florissant. Pour preuve, les prévisions du GWEC font état, ces prochaines années, d’une augmentation du parc éolien mondial de l’ordre de 10 à 12% tous les ans, pour une puissance totale qui dépasserait les 800 GW en 2021.

Notons toutefois que le développement de l’énergie éolienne, intermittente, est intimement lié à celui des solutions de stockage et de pilotage du réseau électrique. Sans réseaux intelligents de pointe, à même d’optimiser le stockage et la distribution de cette énergie imprévisible, aucune révolution éolienne ne sera possible.