Près de 4 500 personnes se seront déplacées à Genève pour la 19e édition des Assises de la Transition Énergétique, du 30 janvier au 1er février.  Réseau Durable a pu pénétrer les arcanes de ce rendez-vous incontournable, là où bonnes volontés riment avec décisions politiques d’envergure. Reportage.

La transition énergétique « n’est pas une option »

C’est dans une petite salle réservée aux journalistes que les organisateurs de l’événement nous accueillent. L’heure est au bilan, mais aussi à la prospective. Et toujours cette question récurrente : comment construire à plusieurs un monde où les énergies seront moins polluantes, mais non moins efficaces ? Un défi qui selon les organisateurs ne peut être relevé qu’à plusieurs.

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« La transition énergétique est un impératif de notre avenir commun » explique Luc Barthassat, co-organisateur du salon et président du Canton de Genève. A ses côtés,  les autres organisateurs : Bruno Léchevin, président de l’Ademe, Pierre-Jean Crastes du Genevois français, ou encore Anne Walryck, Vice-Présidente de Bordeaux Métropole  que Réseau Durable avait interviewée l’an passé. Tous évoquent le chemin parcouru et surtout l’internationalisation des Assises, désormais européennes, en réponse notamment à “l’Appel de Bordeaux” lancé en 2015.

Un autre point fait également consensus : le caractère impératif de la transition énergétique. « La Transition énergétique n’est pas une option, c’est une nécessité » confirmera un peu plus tard François Longchamp, président du Grand Genève, au cours de l’une des nombreuses plénières des Assises. « La bataille du climat ne s’arrête pas aux frontières, la coopération est primordiale » renchérit Bruno Léchevin, rappelant que c’est ensemble que les nations pourront relever le défi du changement climatique.

Des Assises de la Transition Énergétique sous le signe de la coopération

Et coopération il y a eu, à l’image de ce partenariat noué entre la Suisse et le Maroc dans le domaine de l’énergie pour améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments, développer les technologies dans les énergies renouvelables ou encore dans le stockage de l’énergie. « La transition énergétique est un domaine où l’on doit coopérer, un domaine de coopération où il n’y a pas de perdant » confirme Mustapha Bakkoury, président du directoire de l’agence marocaine de l’énergie solaire.

Tout au long de l’événement, qui durera trois jours, invités prestigieux et experts du monde de l’énergie se croisent, débattent, inspirent. A l’image de l’eurodéputée EELV Karima Delli, dont le point de vue précis et pragmatique a captivé l’assistance : « En Suisse, une écotaxe existe pour les poids lourds. Deux tiers vont au ferroviaire et un tiers à la mobilité douce urbaine. Ça, c’est un objectif mobilité du 21ème siècle, ne politique de mobilité en faveur du climat ! » s’est-elle enthousiasmée, vantant l’avancée de la Suisse en la matière. Car la Confédération helvétique est indubitablement l’une des pionnières de la mobilité durable. Outre sa flotte de bus électriques, Genève sera la première ville à accueillir le Sea Bubble, ce taxi volant sur l’eau à près de 30km/h, exposé au Village de la Transition Énergétique, entre des stands de réalité virtuelle et une maquette géante de la ville de demain.

 

Le territoire au cœur de la transition énergétique

Mais au-delà des coopérations entre États, des initiatives aux niveaux régionaux, voire municipaux ont été à l’honneur durant ces Assises de la Transition énergétique 2018.

Les regards se sont ainsi tournés vers la Communauté Urbaine de Dunkerque , fondatrice historique des Assises et seule intercommunalité française à avoir obtenu le label Cit’ergie Gold de l’Ademe, qui s’est notamment illustrée par la mise en place de solutions de mobilité durable très innovantes. « Le label est un référentiel, quelque chose de fort, un gage de qualité et de réussite » a déclaré Patrice Vergriete, maire de Dunkerque, durant la remise du prix.

Tout au long du salon, cette notion de territorialité se retrouvera dans les partenariats, les conventions-cadres (notamment celle signée entre l’Ademe et FLAME, l’association pour les territoires) ou encore les réflexions des acteurs des partenariats publics-privés. De panel en panel, se dégage une conviction : la transition énergétique sera avant tout territoriale. « On n’a jamais eu autant d’énergie sur les territoires qu’aujourd’hui » confirme Gabrielle Gauthey, directrice des investissements et du développement local de la Caisse des Dépôts. « Nous accompagnons les ambitions des territoires pour réussir la révolution des smart grids » déclare Christian Buchel, chief digital & international officier d’Enedis, qui anticipe les transitions à venir pour les gestionnaires de réseau électriques. « Les distributeurs ont un rôle qui évolue vers le statut de plateforme neutre facilitatrice de la transition énergétique ».

Mais la transition énergétique est un exercice à géométrie variable. Alain Juppé, présent pour l’occasion, le reconnaît volontiers « Il y a des domaines où nous sommes très bons, d’autres pour lesquels nous avons beaucoup à apprendre de l’extérieur. J’ai vu ici que les bus électriques sont une solution de mobilité, ce que je vais pouvoir dire en rentrant à Bordeaux. »

D’où l’importance de la coopération, et. le rôle capital de ces Assises qui chaque année se posent en carrefour de différents mondes (politique, citoyen, technique), animés par une même volonté de changement.